IA et livres. Ipsos mesure la demande de transparence sur les couvertures
Les 92 % concernent une question précise posée à 1 000 personnes de 18 à 75 ans. L’enquête mesure une opinion et non l’usage réel de l’IA par les auteurs.
Ipsos publie le 28 octobre une enquête sur l’IA dans la littérature. Parmi les personnes interrogées, 92 % souhaitent que son usage pour écrire tout ou partie d’un livre soit mentionné sur la couverture. Ce résultat exprime une préférence déclarée. Il ne mesure ni la quantité de livres écrits avec l’IA ni la capacité du public à reconnaître ces textes.
Un questionnaire auprès de 1 000 personnes de 18 à 75 ans
Le rapport complet présente une Étude Ipsos bva – CESI école d’ingénieurs réalisée via l’omnibus Ipsos.Digital. Le terrain s’est déroulé du 9 au 12 octobre. Les réponses ont été recueillies en ligne auprès de 1 000 personnes. L’échantillon représente les Français de 18 à 75 ans selon la méthode des quotas. Il tient compte notamment du sexe et de l’âge ainsi que de la catégorie socioprofessionnelle et de la région.
Ces précisions donnent le périmètre de la mesure. L’enquête ne porte pas uniquement sur des lecteurs réguliers ou des professionnels de l’édition. Elle ne couvre pas tous les âges de la population. Les réponses sont aussi pondérées selon les caractéristiques retenues. L’institut rappelle une incertitude pouvant atteindre 3,1 points pour cet effectif. Les pourcentages ne doivent donc pas être lus comme un décompte exact de l’ensemble des Français.
La demande de mention dépend de la question posée
La question qui produit le résultat de 92 % propose deux réponses. L’une présente la mention comme indispensable à la transparence. L’autre donne la priorité au seul résultat du livre. Le questionnaire ne détaille pas séparément la correction d’une phrase et la génération de l’ensemble d’un récit. Le chiffre répond à cette formulation générale sur une écriture partielle ou totale avec l’IA.
Une autre question demande de choisir la mesure la plus utile pour l’avenir du livre. La mention obligatoire arrive alors en tête avec 66 %. Les autres possibilités concernent une charte des éditeurs et des outils de détection ainsi que l’absence d’encadrement. Ce pourcentage ne contredit pas le précédent. Choisir entre deux réponses et choisir parmi quatre mesures ne revient pas à effectuer le même arbitrage.
Une option arrivée en tête ne représente pas toujours une majorité
À propos des sélections de prix littéraires, 46 % choisissent le retrait systématique d’un livre soupçonné d’avoir été écrit avec l’IA. C’est la réponse la plus fréquente parmi les quatre propositions. Elle reste cependant sous la moitié des réponses. Les autres personnes préfèrent conserver le livre avec différentes conditions ou laisser chaque jury décider. Présenter le retrait comme une préférence majoritaire dépasserait donc ce que montrent les données.
Le questionnaire évoque d’abord une controverse littéraire récente. Il présente ensuite plusieurs situations et affirmations sur les ouvrages écrits avec l’IA. Ce contexte fait partie du dispositif. L’enquête ne compare pas les réponses avec celles d’un groupe qui aurait reçu une autre introduction. Elle ne permet donc pas d’isoler l’effet de cette présentation sur les opinions recueillies.
Un résultat d’opinion et des questions de création à distinguer
La dépêche AFP reprise par BFM rend compte de cette demande de transparence. Le rapport décrit ce que les répondants jugent souhaitable. Il ne décide pas de la qualité d’un ouvrage et n’établit pas l’usage effectif d’un outil par un auteur. Une préférence pour une mention obligatoire ne constitue pas non plus l’adoption de cette règle.
Je retiens surtout l’intérêt de préciser ce que l’on souhaite rendre visible quand on parle d’écriture avec l’IA. Les usages possibles ne correspondent pas tous à la même intervention dans une œuvre. Notre article sur la consultation européenne consacrée à l’IA et au droit d’auteur présente un autre volet de ce débat. L’attente des lecteurs et l’élaboration des règles éclairent des questions complémentaires.