Outlier et les données des travailleurs. Cinq plaintes visent Scale AI
La procédure vise les données de personnes qui contribuent à entraîner l’IA. Les accusations de noyb restent à distinguer d’une décision des autorités.
Le travail qui améliore les réponses d’une IA produit aussi des données sur les personnes qui l’effectuent. Le 27 octobre, noyb a annoncé cinq plaintes contre Scale AI. Elles concernent sa plateforme Outlier dans quatre pays européens. Le dossier porte sur des traceurs et la vérification d’identité ainsi que l’accès aux données. Ce sont des contestations soumises aux autorités. Elles ne constituent pas une sanction.
Une plateforme où des humains évaluent les modèles
La politique de confidentialité d’Outlier identifie Scale AI et ses sociétés affiliées comme les opérateurs des services concernés. Les contributeurs créent ou évaluent des données destinées à améliorer des systèmes d’IA. Leurs tâches peuvent demander de comparer des réponses ou de mobiliser une expertise. Il faut distinguer les contenus qu’ils évaluent des informations collectées à leur propre sujet pendant ce travail.
La même politique décrit des informations d’inscription et des données d’activité. Elle prévoit aussi la collecte automatique d’adresses IP et d’identifiants d’appareils. Elle mentionne des partages avec des prestataires et des réseaux publicitaires ou sociaux. Ce texte expose les pratiques déclarées par le fournisseur. Il ne permet pas de déterminer seul ce qui s’est produit dans le compte de chaque plaignant.
Ce que conteste le dossier français
La plainte française publiée par noyb compte 18 pages et s’adresse à la CNIL. Elle décrit notamment une analyse de journaux de trafic du navigateur. Selon les auteurs, ces relevés montrent des échanges avec des services tiers pendant la navigation sur Outlier. Les données et les finalités réellement impliquées restent des questions à examiner. Nous n’avons pas reproduit ces captures réseau.
Le dossier reproche à la plateforme une collecte excessive et le placement de traceurs sans consentement. Il conteste également le traitement lié à la vérification d’identité. Enfin, il affirme qu’une demande d’accès envoyée le 2 février 2026 est restée sans réponse. Ces points appartiennent à l’argumentation du plaignant. L’autorité doit apprécier les faits et leur qualification.
La vérification d’identité possède plusieurs conditions
Outlier indique recourir à des prestataires comme Persona pour vérifier l’identité et réduire la fraude. Sa politique prévoit des images ou des enregistrements et des mesures relatives au visage. Elle indique aussi qu’une autre méthode peut être proposée dans certaines circonstances. Cette formulation générale ne prouve pas que le plaignant disposait effectivement d’une alternative. Elle ne tranche pas davantage le caractère nécessaire du traitement contesté.
Des documents du fournisseur à confronter aux faits
La politique relative aux cookies distingue les traceurs nécessaires des fonctions publicitaires et analytiques. Elle décrit un outil de réglage des préférences. Son existence dans un document ne démontre pas que chaque traceur respectait les choix d’un utilisateur à la date examinée. Le litige porte précisément sur ce rapport entre la politique déclarée et les observations rapportées.
Noyb demande une enquête et suggère une amende. L’annonce réunit deux plaintes en Autriche et une dans chacun des trois autres pays concernés. La plainte française demande aussi de faire droit à la demande d’accès. Nous ne disposons pas d’une décision des autorités sur ces réclamations. Les documents généraux de Scale AI ne constituent pas une réponse spécifique à cette nouvelle procédure.
La CNIL rappelle le cadre du droit d’accès. Il permet d’obtenir des informations sur les traitements et une copie de ses données. Une réponse doit en principe intervenir sous un mois. Une prolongation liée à la complexité ou au nombre de demandes exige d’en informer la personne dans ce premier délai. Ce cadre général ne préjuge pas de la décision dans le dossier Outlier.
Regarder aussi les données de ceux qui produisent l’IA
Pour moi, ce dossier élargit utilement la discussion sur les données de l’IA. Elle concerne aussi les personnes qui contribuent à son entraînement. Notre décryptage des responsabilités autour des données traitées par un assistant aborde une autre situation où il faut identifier les acteurs avant de conclure.