Apollo cherche les gains de l’IA dans les comptes. Ses indicateurs ont des limites
Apollo ne voit pas encore de gain financier hors des géants tech. Lire les courbes, le périmètre S&P 493 et les limites des données de productivité.
Les dépenses consacrées à l’IA deviennent visibles. Leurs effets sur les comptes le sont beaucoup moins selon Apollo. Dans une note publiée le 24 octobre, son économiste Torsten Slok estime ne pas retrouver de retombée financière hors des principaux géants technologiques. Cette conclusion mérite de regarder les indicateurs qui la soutiennent.
Une comparaison entre sept géants et les autres composantes du S&P 500
Le compte rendu de TechCrunch du 25 octobre précise le découpage. Les sept entreprises regroupent Alphabet et Amazon avec Apple et Meta. Microsoft ainsi que Nvidia et Tesla complètent la liste. Le S&P 493 désigne les autres composantes de l’indice. Il ne représente donc pas toutes les entreprises américaines. Ce groupe ne correspond pas non plus à une catégorie qui exclurait chaque entreprise technologique.
Les graphiques d’Apollo montrent une progression du chiffre d’affaires par salarié chez les sept géants. La courbe du reste de l’indice reste bien plus stable. Le revenu par salarié est corrigé de l’inflation avec une référence au dernier trimestre 2019. Une autre figure compare les marges bénéficiaires. Elle montre également un écart entre les deux groupes. Ces séries agrégées alimentent le diagnostic de Slok.
La productivité change selon ce que l’on mesure
Apollo utilise aussi une série de productivité globale des facteurs. La Réserve fédérale de San Francisco explique sa construction. Elle tient compte du travail et du capital. Une version corrigée cherche notamment à neutraliser les variations d’intensité d’utilisation de ces facteurs. Elle ne mesure pas directement les bénéfices d’un assistant conversationnel.
La page mise à jour le 8 octobre illustre cette différence. Sur les quatre trimestres achevés au deuxième trimestre 2026, la productivité globale des facteurs progresse de 1,42 %. La série corrigée de l’utilisation recule de 0,07 %. Les deux valeurs correspondent à des constructions différentes. Choisir l’une ou l’autre sans préciser sa définition peut changer la lecture d’un même contexte économique.
Payer un fournisseur ne mesure pas le résultat obtenu
Les données de dépenses citées dans le débat demandent une autre précaution. Le Ramp AI Index repose sur les transactions de plus de 85 000 entreprises américaines utilisatrices de Ramp. Un paiement mensuel pour un produit d’IA permet d’y constater une adoption. Les outils gratuits et les comptes personnels de salariés peuvent échapper à cette observation. Ce périmètre ne se confond pas avec les composantes du S&P 500.
Dans son analyse du 14 octobre, Ramp signale aussi la volatilité des estimations du petit groupe des plus gros acheteurs. L’ajout de fournisseurs peut entraîner des révisions. Une facture renseigne sur une dépense identifiée. Elle ne dit pas à elle seule si le travail produit est meilleur ou si le service a permis une recette supplémentaire.
Une absence de signal agrégé ne tranche pas chaque usage
Les courbes présentées ne comparent pas des entreprises identiques dont seule l’utilisation de l’IA aurait changé. Elles ne permettent donc pas d’isoler son effet causal. Les marges peuvent varier avec les prix de vente ou les coûts. Une moyenne peut également masquer des situations différentes. Il faut distinguer le constat statistique et l’explication proposée par l’économiste.
Ce point prolonge notre article sur les volumes d’agents IA en Europe et les limites de leur interprétation. Je retiens surtout la nécessité de nommer le résultat recherché. Une dépense et une fréquence d’usage se comptent facilement. Établir une amélioration attribuable à l’IA demande une comparaison adaptée. Les données d’Apollo ouvrent cette discussion sans fournir le bilan de chaque entreprise.